Comment bien choisir ses chaussures de running ?

Comment bien choisir ses chaussures de running ?

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S’élancer sur l’asphalte ou les sentiers exige bien plus qu’une simple volonté. L’équipement, et plus particulièrement la chaussure, se révèle être le partenaire indispensable de chaque coureur. Une sélection judicieuse n’est pas un luxe mais une nécessité, un gage de confort, de performance et surtout, de prévention contre les blessures. Face à une offre pléthorique où technologies et promesses marketing s’entremêlent, discerner la paire idéale relève parfois du parcours du combattant. Il convient alors d’adopter une démarche méthodique, en analysant ses propres besoins avant de céder aux sirènes des dernières nouveautés.

Les critères morphologiques à considérer

La forme de votre pied : un point de départ

Avant même de s’intéresser aux technologies embarquées, la première étape consiste en un examen attentif de ses propres pieds. Chaque coureur est unique, et la forme de son pied dicte en grande partie le type de chaussure qui lui conviendra. Trois éléments sont à observer : la largeur de l’avant-pied, la hauteur de la voûte plantaire et le volume du cou-de-pied. Un avant-pied large se sentira à l’étroit dans un chaussant fin, provoquant frottements et ampoules. De même, une voûte plantaire très creuse ou au contraire affaissée (pied plat) nécessitera un soutien spécifique pour éviter les douleurs et les pathologies à long terme. Le laçage doit pouvoir s’ajuster sans créer de point de pression sur le cou-de-pied, garantissant un maintien sûr et confortable.

Le poids du coureur : un facteur non négligeable

Le poids du coureur est une donnée fondamentale qui influe directement sur les forces d’impact subies par le corps à chaque foulée. Un coureur plus lourd aura besoin d’un amorti plus conséquent pour absorber efficacement les chocs et protéger ses articulations. À l’inverse, un coureur léger pourra s’orienter vers des modèles plus dynamiques et moins amortis, privilégiant les sensations et la réactivité. Les fabricants segmentent souvent leurs gammes en fonction de ce critère, bien qu’il ne soit pas toujours explicitement mentionné. Il est donc crucial de l’intégrer dans sa réflexion pour ne pas opter pour une chaussure sous-dimensionnée ou, à l’inverse, inutilement robuste et lourde.

Recommandation d’amorti selon le poids du coureur

Poids du coureur Niveau d’amorti recommandé
Moins de 70 kg Amorti léger à modéré
Entre 70 kg et 85 kg Amorti modéré à important
Plus de 85 kg Amorti maximal

La morphologie personnelle constitue ainsi la base de la sélection. Une fois ces caractéristiques bien identifiées, il devient plus aisé de s’orienter vers une présélection de modèles adaptés, dont il faudra ensuite valider la taille avec précision.

Bien choisir sa pointure de running

Pourquoi prendre une pointure au-dessus ?

Une erreur fréquente chez les coureurs débutants est de choisir leurs chaussures de course à leur pointure de ville. Or, durant l’effort, le pied a tendance à gonfler et à s’allonger de plusieurs millimètres. Pour ne pas que les orteils heurtent le bout de la chaussure, ce qui peut provoquer des douleurs et des ongles noirs, il est impératif de prévoir une marge de sécurité. La règle communément admise est de laisser un espace équivalent à la largeur d’un pouce, soit environ un centimètre, entre l’orteil le plus long et l’extrémité de la chaussure. Cela revient souvent à choisir une demi-pointure, voire une pointure complète au-dessus de sa taille habituelle.

Le meilleur moment pour essayer ses chaussures

Pour valider la pointure de manière optimale, le moment de l’essayage est stratégique. Il est conseillé de procéder à l’achat en fin de journée, lorsque les pieds sont naturellement plus gonflés, simulant ainsi les conditions de la course. Il est également essentiel d’apporter ses propres chaussettes de sport pour l’essayage, car leur épaisseur peut sensiblement modifier le volume occupé par le pied dans la chaussure. Enfin, il faut toujours essayer les deux pieds, car il n’est pas rare d’avoir un pied légèrement plus fort que l’autre. Le laçage doit être fait comme en conditions réelles pour s’assurer que le talon est bien calé et que le pied ne glisse pas à l’intérieur.

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La pointure étant validée, l’analyse doit se porter sur le mouvement même du pied pendant la course, un élément dynamique qui conditionne le type de soutien nécessaire.

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L’importance de la foulée pour le choix des chaussures

Pronateur, supinateur ou universel : décryptage

La foulée décrit le mouvement de déroulé du pied du moment où il touche le sol jusqu’à la propulsion. On distingue trois grands types de foulées, chacun nécessitant une chaussure avec des caractéristiques de stabilité différentes. Connaître la sienne est donc une étape clé.

  • La foulée universelle ou neutre : Le pied se déroule dans l’axe. C’est le cas pour environ 50 % des coureurs. La chaussure doit offrir un bon amorti mais pas de correction particulière.
  • La foulée pronatrice : Le pied s’affaisse vers l’intérieur lors de l’impact au sol. Cette pronation, si elle est excessive, doit être contrôlée par une chaussure dite « stable », qui intègre un renfort de densité sur la partie interne de la semelle. Elle concerne près de 40 % des coureurs.
  • La foulée supinatrice : Plus rare (environ 10 % des coureurs), elle se caractérise par un déroulé du pied qui s’effectue sur sa partie extérieure. Les coureurs supinateurs doivent privilégier des chaussures neutres avec beaucoup de souplesse et un excellent amorti.

Comment connaître son type de foulée ?

Plusieurs méthodes permettent d’identifier son type de foulée. La plus simple est d’examiner l’usure de ses anciennes chaussures de course. Une usure prononcée sur le bord interne de la semelle indique une pronation, tandis qu’une usure sur le bord externe est le signe d’une supination. Une usure centrée à l’avant du pied est typique d’une foulée universelle. Pour une analyse plus précise, il est possible de réaliser un test sur tapis dans un magasin spécialisé, où une caméra filme les pieds pendant la course, ou de consulter un podologue du sport.

Une fois la foulée déterminée, il faut confronter ce besoin de soutien à la réalité du terrain de jeu habituel.

Choisir selon le type de terrain : route ou chemin

Choisir selon le type de terrain : route ou chemin

La course sur route : amorti et légèreté

La course sur bitume ou sur des surfaces dures et régulières comme les trottoirs génère des ondes de choc importantes et répétitives. Pour ce type de pratique, la chaussure doit prioritairement offrir un excellent amorti pour filtrer ces impacts et protéger les articulations. La semelle extérieure est généralement assez lisse pour maximiser la surface de contact avec le sol. La légèreté et la souplesse sont également des qualités recherchées pour favoriser le dynamisme et ne pas entraver le déroulé naturel du pied.

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Le trail : accroche et protection avant tout

À l’opposé, le trail running se pratique sur des terrains naturels, souvent instables et accidentés. Les priorités changent radicalement. L’accroche devient le critère numéro un : la semelle extérieure doit être dotée de crampons proéminents pour garantir une bonne traction en montée et une excellente adhérence en descente, sur sol sec comme sur terrain boueux. La protection est le second pilier. Le chaussant est plus robuste, avec des renforts comme des pare-pierres à l’avant pour protéger les orteils des chocs. La stabilité est également renforcée pour sécuriser le pied sur les terrains techniques.

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Le terrain définit donc les caractéristiques externes de la chaussure. Il est maintenant temps de se pencher sur deux concepts techniques au cœur de la semelle intermédiaire : l’amorti et la stabilité.

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Amorti et stabilité : des éléments clés

Comprendre l’amorti et le drop

L’amorti est la capacité de la semelle intermédiaire à absorber et dissiper l’énergie de l’impact au sol. Son niveau varie d’un modèle à l’autre, des chaussures dites minimalistes (très peu d’amorti) aux chaussures maximalistes (amorti très épais). Le choix dépend du poids du coureur, des distances parcourues et des sensations recherchées. Un autre paramètre technique est le drop, qui correspond à la différence de hauteur entre le talon et l’avant de la chaussure. Un drop élevé (supérieur à 8 mm) favorise une attaque par le talon, tandis qu’un drop faible (inférieur à 4 mm) incite à une foulée plus naturelle, sur le milieu ou l’avant du pied.

Guide du drop et type de foulée associé

Valeur du drop Type de foulée encouragé Public cible
8 à 12 mm Attaque talon Majorité des coureurs, débutants
4 à 8 mm Attaque médio-pied Coureurs en transition, polyvalence
0 à 4 mm Attaque avant-pied Coureurs expérimentés, foulée naturelle

La stabilité pour corriger la foulée

La stabilité est une fonctionnalité conçue pour limiter la pronation excessive. Elle est obtenue grâce à l’insertion d’éléments de densité plus ferme sur la face interne de la semelle intermédiaire. Ces renforts agissent comme un tuteur pour guider le pied et l’empêcher de s’affaisser vers l’intérieur. Il est crucial de comprendre qu’une chaussure stable ne convient qu’aux coureurs pronateurs. Un coureur à la foulée neutre ou supinatrice qui utiliserait un tel modèle risquerait de créer un déséquilibre et de provoquer des blessures. Le bon diagnostic de la foulée est donc indispensable avant d’opter pour une chaussure à contrôle de pronation.

Toutes ces spécificités amènent à s’interroger sur la nécessité de posséder une ou plusieurs paires de chaussures en fonction de sa pratique.

Chaussures polyvalentes vs spécialisées

La chaussure à tout faire existe-t-elle ?

Pour le coureur occasionnel ou celui qui alterne entre des sorties courtes sur route et des incursions sur des chemins peu techniques, la chaussure dite « hybride » ou « road-to-trail » peut être un compromis intéressant. Elle offre un amorti suffisant pour l’asphalte et des crampons peu profonds pour une accroche correcte sur les sentiers secs. Cependant, comme tout compromis, elle ne sera excellente nulle part : elle manquera d’accroche sur un trail technique et boueux, et sera souvent plus lourde et moins dynamique qu’un pur modèle de route. C’est une solution viable pour débuter ou pour un usage varié mais non intensif.

Quand faut-il plusieurs paires ?

Dès que la pratique devient plus régulière et spécifique, posséder plusieurs paires de chaussures devient un véritable atout. Avoir une rotation de chaussures permet non seulement d’utiliser le modèle le plus adapté à chaque sortie, mais aussi de prolonger leur durée de vie. Les raisons d’investir dans plusieurs paires sont multiples :

  • Alterner les terrains : une paire pour la route et une pour le trail est le premier pas vers la spécialisation.
  • Varier les entraînements : une chaussure avec un bon amorti pour les sorties longues et une autre, plus légère et dynamique, pour les séances de vitesse ou les compétitions.
  • Laisser reposer les matériaux : alterner entre deux paires permet aux mousses de la semelle intermédiaire de retrouver leurs propriétés d’amorti entre deux utilisations.

Le choix final dépendra donc de l’investissement que l’on souhaite consacrer à sa pratique et de la diversité de ses entraînements.

Le choix d’une chaussure de running est une démarche personnelle qui doit s’appuyer sur une analyse rigoureuse de sa morphologie, de sa foulée et de son terrain de pratique. La pointure doit être choisie avec soin, en prévoyant une marge suffisante pour le confort du pied en mouvement. Les caractéristiques techniques comme le niveau d’amorti, le drop ou la présence de renforts de stabilité doivent correspondre précisément aux besoins identifiés. Investir du temps dans cette sélection est le meilleur moyen de s’assurer des kilomètres de plaisir, en toute sécurité.

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